Fantastic Birthday : un film à l'onirisme wes-andersonien


Si on me demande de citer le nom d'un cinéaste dont j'accroche particulièrement à l'univers, je réponds automatiquement Wes Anderson. Lorsque l'on annonce la sortie d'un film australien dans la même vibe esthétique et le même esprit décalé que mon réalisateur préféré, je ne peux m'empêcher d'aller le voir dès sa sortie. Cependant la comparaison avec un réalisateur de cette envergure peut s'avérer être périlleuse.

Le pitch de départ est plutôt simple : Greta vient d'emménager dans une nouvelle ville avec sa famille. Étant donné qu'elle galère un peu à se faire des amis, ses parents décident - à son grand damn - d'organiser une fête d'anniversaire pour ses 15 ans. Cependant tout ne va pas se passer comme prévu et Greta va plonger dans un monde imaginaire étrange qui va lui permettre de se découvrir. Le tout se passe dans les années 70, sur fond de musique disco, de papier peint fleuri et de pantalon pattes d'eph'.


L'esthétique du film est géniale. On retrouve ce côté wes-andersonien avec des plans symétriques sans perspective, une gamme colorée restreinte mais forte ainsi que des décors et costumes originaux et très marqués. Chaque scène est comme une photographie, travaillée au millimètre. L'ambiance est chaude et point très acidulée, dans un esprit très seventies limite cliché. Le côté années 70 est assumé sans que cela ne tombe dans le ridicule. On rit de la mère qui s'excite sur son vélo d'appartement et du père continuellement en short ras les boules. Les dialogues sont parfois un peu absurdes, pas très naturels, mais rentrent dans cette idée de mise en scène à la fois calculée et décalée.

Cependant, le film ne stagne pas et prend petit à petit une autre dimension. On bascule alors dans un univers fantastique et ténébreux, emprunt de poésie, d'onirisme et d'étrangeté. Les couleurs s'assombrissent, les plans prennent plus de profondeur, l'atmosphère devient presque angoissante. Ces changements amènent la vraie réflexion du film. Comme Alice tombant dans le terrier du lapin, Greta tombe dans le monde qu'elle a imaginé depuis l'enfance. Son voyage initiatique va lui permettre d'évoluer, de devenir un peu plus adulte et de mieux comprendre sa relation avec ses proches. Plus j'y pense, plus je me dis que Fantastic Birthday est une revisite très personnelle et finalement contemporaine du roman de Lewis Caroll (notons en plus que le titre original est "Girl Asleep"). Quelque soit l'âge que l'on possède, la recherche de qui l'on est et de notre place dans le monde peut nous toucher. C'est pour cela qu'Alice au Pays des Merveilles est un roman intemporel, de même que Fantastic Birthday, si l'on en garde que la substantifique moelle, est susceptible de parler à beaucoup de gens.

La réalisatrice - dont c'est le premier film - garde sa patte et arrive à se détacher de cette ambiance qui aurait pu être vue comme un copier-coller de Wes Anderson. C'est plutôt remarquable au vu du traitement esthétique et même des thématiques abordées (celles de la famille et de l'enfance qui sont des sujets cher à Wes). Finalement le pari est plutôt réussi, c'est pour cela que je m'en vais arrêter cette comparaison. Il me tarde de voir ses prochains films et de découvrir un peu plus son travail. Bref, Rosemary Myers est sans aucun doute une réalisatrice à suivre.

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Et toi, as-tu vu Fantastic Birthday ? Quels sont les réalisateurs que tu portes dans ton palpitant ?


La bise ❤︎


Bavardages

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